Entre l’intention et l’action : Pourquoi il est difficile d’agir de manière durable
- Javier Trespalacios

- 2 oct. 2019
- 12 min de lecture
Dernière mise à jour : 10 mai
Depuis les années quatre-vingt-dix, les enquêtes montrent que la préoccupation pour l'environnement a eu tendance à croître dans les pays industrialisés (Franzen & Vogl, 2013 ; Commission européenne, 2019). Cependant, cette préoccupation se traduit rarement par de véritables changements de comportement durable. Trois mécanismes de nature différente expliquent cet écart. Le premier est la dépréciation temporelle (Ainslie, 1975) [1] : nous avons tendance à accorder plus de poids à ce qui nous convient aujourd'hui qu'aux bénéfices que nous verrons dans le futur. Le second est la rationalisation (Festinger, 1957) : lorsque nos actions diffèrent de celles que nous devrions accomplir, nous cherchons des justifications — « ma part est insignifiante », « d'autres polluent bien plus ». Le troisième est la pression sociale (Cialdini, Reno & Kallgren, 1990) : quand un comportement non durable est ce que fait la majorité, il est perçu comme normal et acceptable. Par exemple, recycler le papier — le regrouper et le sortir le jour de collecte — exige un effort immédiat pour un bénéfice qui semble lointain, invite à penser que sauter un jour ne change rien et, si les voisins ne le font pas non plus, confirme que cela n'a pas vraiment d'importance. Il en résulte que ces barrières peuvent bloquer le changement de comportement même chez des personnes très conscientes des enjeux environnementaux.

Jour de collecte de papier à Bâle, Suisse
Les barrières qui nous freinent : les dragons de l'inaction
Robert Gifford [2] (2011) a identifié près de trente barrières psychologiques [3], cognitives [4] et sociales [5] qui freinent les comportements pro-environnementaux même lorsqu'il existe suffisamment d'information et de motivation, et les a regroupées sous le terme « dragons de l'inaction » en sept catégories [6]:
Connaissance limitée : l'information environnementale est souvent abstraite et difficile à traiter, ce qui conduit à sous-estimer l'urgence du problème ou à ne pas savoir comment agir.
Idéologies : la croyance que la technologie (« techno-salut ») résoudra le problème à l'avenir réduit le besoin perçu de changer ses habitudes aujourd'hui.
Comparaison sociale : lorsque les personnes qui nous entourent n'agissent pas de manière durable, la norme perçue est qu'il n'est pas non plus nécessaire de le faire.
Coûts irrécupérables : l'investissement préalable de temps ou d'argent dans des habitudes non durables rend difficile leur abandon, même si leur impact est reconnu.
Méfiance : des doutes sur les intentions des experts, des gouvernements ou des politiques environnementales, conduisant à rejeter leurs recommandations.
Risque perçu : changer une habitude implique une incertitude — fonctionnelle, économique ou sociale — qui freine l'action.
Comportement limité : faire quelque chose de petit génère un sentiment d'accomplissement (« licence morale »), ou l'économie réalisée dans une habitude est compensée par une consommation accrue dans une autre action non durable.
Aucun de ces dragons n'agit seul — ils se combinent, et c'est ce qui explique pourquoi davantage d'information ne génère pas de changements de comportement (Lorenzoni et al., 2007 ; Thøgersen, 2004).
Surmonter les barrières : TPB et VBN, deux outils complémentaires
Identifier les barrières est nécessaire, mais pas suffisant. La Théorie du Comportement Planifié (TCP) d'Ajzen [7] (1991) et la Théorie Valeurs-Croyances-Normes (VCN) de Stern [8] (2000) offrent deux réponses distinctes à la même question : qu'est-ce qu'il faut pour que l'intention se transforme en action ? La TCP explique quand une personne agit ; la VCN explique pourquoi elle tient à le faire.
La TCP soutient qu'un comportement durable requiert trois conditions simultanées : une attitude positive envers celui-ci (« recycler a du sens »), la perception d'une norme sociale favorable (« dans mon quartier, les gens recyclent ») et la conviction que c'est faisable (« je peux le faire sans me compliquer la vie »). Si l'une des trois fait défaut, l'intention ne se transforme pas en action. Une personne qui soutient le recyclage mais ne sait pas où se trouvent les points de collecte a le troisième facteur bloqué — ce qui suggère que les interventions les plus efficaces ne sont pas celles qui informent, mais celles qui éliminent les obstacles concrets (Bamberg & Möser, 2007).
Le langage visuel du recyclage à l'Université de Genève : "Uni propre c'est facile" — le design facilite l'action durable dans le cadre de la TPB. (Photo : Javier Trespalacios)
La VCN opère à une couche plus profonde. Stern (2000) propose que les personnes qui adhèrent à des valeurs biosphériques [9] — préoccupation sincère pour la nature en elle-même — ou altruistes [10] — engagement envers le bien-être d'autrui — développent plus facilement des normes personnelles de responsabilité environnementale. Ces normes ne sont ni externes ni imposées : elles naissent de l'identité. C'est pourquoi les changements motivés par des valeurs tendent à être plus durables que ceux produits par des incitations ou une pression sociale. Sa limite est que les valeurs ne se modifient pas à court terme ; les interventions qui s'y réfèrent requièrent du temps et de la profondeur (López-Mosquera & Sánchez, 2012).
Activation de la VBN : Eva explorant l'énergie éolienne pour relier la connaissance aux valeurs biosphériques et à l'engagement durable. (Photo : Javier Trespalacios)
Ensemble, ces cadres révèlent une complémentarité utile : la VCN est plus efficace dans les processus éducatifs et de long terme, tandis que la TCP oriente la conception de politiques et d'environnements où la décision durable est la plus facile à prendre.
Du diagnostic à la conception de solutions pratiques
L'application de ces cadres permet d'identifier quelle barrière spécifique bloque une initiative durable et d'agir directement sur elle.
Au niveau individuel [11], la barrière la plus fréquente pour recycler n'est pas le manque de motivation, mais l'absence de points de collecte accessibles ou d'instructions claires. Quand l'action est difficile, l'intention ne se traduit pas par un comportement. La solution est infrastructurelle avant d'être communicative (Ajzen, 1991 ; Kim et al., 2013).
Dans une ville [12] où la majorité soutient les transports publics mais peu les utilise, le problème n'est pas d'attitude mais de conditions. Améliorer la fréquence et la fiabilité du service facilite l'usage ; communiquer les données d'utilisation lorsqu'elles sont favorables renforce la norme sociale. Les deux interventions se renforcent mutuellement ; séparément, leur impact est insuffisant.
Dans une école [13] à faible participation aux activités environnementales, la VCN indique que les valeurs écologiques ne font pas partie de l'identité du groupe. Des sorties dans la nature, des projets aux résultats visibles et la célébration collective des réussites construisent ce lien mieux que l'information (Stern, 2000 ; López-Mosquera & Sánchez, 2012).
Dans une entreprise [14] cherchant à réduire sa consommation énergétique, le problème est souvent double : le personnel ne sait pas comment agir et ne perçoit pas que ses collègues le font. Former le personnel et rendre visibles les bonnes pratiques des autres équipes résout les deux (Gifford, 2011).
Dans tous les cas, le schéma est le même : identifier quel obstacle est actif et agir directement sur lui.
Conclusions
Les barrières cognitives, psychologiques et sociales documentées dans cet article partagent un dénominateur commun : l'écart entre intention et action ne se comble pas avec plus d'information. Il se comble quand agir de manière durable est facile, bénéficie d'un soutien social et se connecte à quelque chose que la personne considère comme faisant partie de son identité.
La TCP et la VCN ne sont pas des cadres rivaux mais complémentaires : l'un oriente la conception d'environnements où la décision durable est la plus accessible ; l'autre travaille à la couche la plus profonde, celle des valeurs. Les dragons de l'inaction rappellent qu'aucune intervention ne fonctionne si elle n'identifie pas d'abord quel obstacle spécifique bloque le changement.
La durabilité n'est pas seulement un problème de conscience ; c'est aussi un problème de conception. Elle ne change pas avec des campagnes qui font appel à la responsabilité individuelle. Elle change quand les conditions font qu'agir autrement est ce qui est naturel.
En fin de compte, le succès dépend de la création d'environnements et de récits qui font de la durabilité une habitude accessible à tous…
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Notes
[1] George Ainslie (psychologue américain) est reconnu pour ses études sur l'impulsivité et l'autocontrôle, notamment pour avoir formalisé le concept de dépréciation temporelle ou hyperbolique dans la prise de décision.
[2] Robert Gifford (psychologue environnemental, Université de Victoria, Canada) est reconnu pour ses travaux sur la compréhension des facteurs psychologiques qui influencent le comportement environnemental. Il a conceptualisé les dragons de l'inaction dans Gifford, R. (2011). The Dragons of Inaction.
[3] Barrières psychologiques : croyances ou émotions qui rendent difficile l'adoption de comportements durables, comme la sensation que ses propres actions n'ont pas d'impact.
[4] Barrières cognitives : difficulté à traiter, comprendre ou appliquer des informations pertinentes sur les problèmes environnementaux, ce qui rend difficile la prise de décisions éclairées.
[5] Barrières sociales : normes ou pressions de l'environnement qui découragent les comportements durables, comme la perception que personne d'autre n'agit.
[6] Exemples de chacune des 7 catégories des dragons de l'inaction : 1. Connaissance limitée : Une personne sait que le plastique est nocif pour l'environnement, mais ne comprend pas comment il affecte la vie marine ou ne sait pas comment réduire son utilisation au quotidien. 2. Idéologies : Quelqu'un croit fermement que les avancées technologiques, comme les voitures électriques ou la capture de carbone, résoudront tous les problèmes environnementaux, et ne ressent donc pas le besoin de changer son mode de vie actuel. 3. Comparaison sociale : Si dans une communauté personne ne recycle et tout le monde utilise des bouteilles en plastique jetables, une personne peut penser : « Si mes voisins ne se soucient pas du recyclage, pourquoi devrais-je le faire ? » 4. Coûts irrécupérables : Une famille a investi beaucoup d'argent dans un système de chauffage fonctionnant aux combustibles fossiles et, bien qu'elle reconnaisse son impact environnemental, évite de le remplacer car elle a le sentiment qu'y renoncer signifierait perdre ce qu'elle a déjà dépensé. 5. Méfiance : Quelqu'un entend un politique parler de l'importance des énergies renouvelables, mais se méfie de ses intentions et pense qu'il ne le dit que pour gagner des votes, et ignore donc ses recommandations. 6. Risque perçu : Une personne qui souhaite arrêter d'utiliser sa voiture pour aller au travail se sent incertaine quant à l'impact sur son temps de trajet et sa vie sociale, et décide donc de ne pas changer. 7. Comportement limité : Quelqu'un commence à apporter son propre sac en tissu au supermarché et se sent bien pour cela, mais compense ensuite ce petit changement en achetant davantage de produits emballés dans du plastique dans d'autres magasins.
[7] Icek Ajzen (psychologue social d'origine polonaise, Université du Massachusetts) a développé la Théorie du Comportement Planifié. Son travail se concentre sur la manière dont les attitudes, les normes sociales et le contrôle perçu influencent l'intention d'agir.
[8] Paul C. Stern (psychologue environnemental américain) a créé la Théorie Valeurs-Croyances-Normes. Ses recherches explorent comment les valeurs personnelles, les croyances sur les dommages environnementaux et les normes influencent l'adoption de comportements durables.
[9] Valeurs biosphériques : préoccupation et responsabilité envers le bien-être de l'environnement et de la nature en eux-mêmes, indépendamment de leur utilité pour les êtres humains.
[10] Valeurs altruistes : préoccupation et engagement envers le bien-être d'autres personnes ou de la société en général.
[11] Exemple pratique – citoyens : réduire l'utilisation de la voiture sur les trajets courts
Une personne souhaite aller au travail à vélo, mais ne le fait jamais. La TCP identifie le problème : elle pense que c'est dangereux (attitude négative) et ne connaît personne dans son entourage qui le fasse (norme sociale faible). La VCN ajoute qu'elle n'a pas associé ce changement à une valeur personnelle.
Étape 1 — Attitude : s'informer sur les pistes cyclables sécurisées de sa ville réduit la perception du risque. Étape 2 — Norme sociale : découvrir que trois collègues de travail vont déjà au bureau à vélo active la norme descriptive. Étape 3 — Contrôle perçu : tester le trajet un samedi sans contrainte horaire élimine l'incertitude pratique. Étape 4 — VCN : associer le changement à la valeur de sa propre santé et à la qualité de l'air pour ses enfants ancre la décision dans l'identité.
Résultat : le premier lundi où elle l'essaie, elle a déjà résolu les trois facteurs de la TCP et dispose d'une valeur personnelle qui soutient l'habitude lorsque l'effort augmente.
[12] Exemple pratique – villes : améliorer le tri des déchets dans les espaces publics
Une ville constate que les conteneurs de recyclage dans les parcs affichent un taux d'utilisation correct inférieur à 30 %.
Étape 1 — Contrôle perçu (TCP) : repenser les conteneurs avec des couleurs, des pictogrammes et une seule ouverture par fraction élimine le doute sur ce qui va dans chacun. Étape 2 — Norme sociale (TCP) : installer un compteur visible affichant le poids des déchets correctement triés cette semaine active la norme descriptive sans avoir besoin d'une campagne. Étape 3 — Attitude (TCP) : afficher sur le conteneur l'équivalent en arbres sauvés ou en CO₂ évité relie le geste à une conséquence concrète. Étape 4 — VCN : intégrer le design des conteneurs dans l'identité visuelle du quartier — avec des interventions artistiques locales — transforme le recyclage en une expression d'appartenance communautaire.
Résultat : la barrière principale était liée au contrôle perçu, non à la motivation. La refonte infrastructurelle résout une partie du problème ; la norme visible et l'identité de quartier soutiennent le changement sur le long terme.
[13] Exemple pratique – établissements scolaires : créer une culture de consommation responsable
Un lycée constate que ses élèves génèrent deux fois plus de déchets plastiques que la moyenne de la commune.
Étape 1 — Attitude (TCP) : en cours de sciences, chaque groupe analyse la composition des déchets produits pendant la récréation sur une semaine. Voir ses propres données change la perception du problème. Étape 2 — Contrôle perçu (TCP) : installer une fontaine d'eau avec un système de remplissage et supprimer le distributeur de bouteilles en plastique fait de l'alternative durable la seule option accessible. Étape 3 — Norme sociale (TCP) : lorsque 60 % des groupes apportent une bouteille réutilisable, ce chiffre est communiqué en classe. La norme descriptive évolue sans pression. Étape 4 — VCN : un projet trimestriel où chaque classe adopte un écosystème local — une rivière, une forêt proche — et suit son état, relie le comportement quotidien à des valeurs biosphériques concrètes et mesurables.
Résultat : le changement ne part pas d'une campagne, mais de la mise en évidence du problème propre à l'établissement, de la suppression de l'option non durable et de l'ancrage de l'action dans un engagement envers quelque chose de réel et de proche.
[14] Exemple pratique – entreprises : réduire la consommation énergétique dans les bureaux
Une entreprise constate que la consommation électrique en dehors des heures de travail représente 35 % de sa facture, principalement en raison d'équipements laissés inutilement allumés.
Étape 1 — Contrôle perçu (TCP) : installer des prises avec minuterie automatique à chaque poste de travail élimine la dépendance à la mémoire ou à la volonté individuelle. Étape 2 — Information (TCP/VCN) : un panneau à l'entrée affiche la consommation du bâtiment comparée à celle de la veille. La donnée concrète remplace l'abstraction. Étape 3 — Norme sociale (TCP) : publier chaque mois quel département a le plus réduit sa consommation — sans classement punitif, uniquement par reconnaissance — active la comparaison sociale dans un sens positif. Étape 4 — VCN : associer les économies d'énergie accumulées à une action concrète choisie par les employés — reboiser une zone proche, financer des panneaux solaires dans une école locale — relie le geste quotidien à une valeur partagée et visible.
Résultat : la première étape est toujours infrastructurelle — éliminer la dépendance à la volonté individuelle. La reconnaissance et le lien avec une valeur collective soutiennent le changement lorsque l'infrastructure ne peut pas tout résoudre.
Références
Ainslie, G. (1975). Specious reward: A behavioral theory of impulsiveness and impulse control. Psychological Bulletin, 82(4), 463–496. https://doi.org/10.1037/h0076860
Ajzen, I. (1991). The theory of planned behavior. Organizational Behavior and Human Decision Processes, 50(2), 179–211. https://doi.org/10.1016/0749-5978(91)90020-T
Bamberg, S., & Möser, G. (2007). Twenty years after Hines, Hungerford, and Tomera: A new meta-analysis of psycho-social determinants of pro-environmental behaviour. Journal of Environmental Psychology, 27(1), 14–25. https://doi.org/10.1016/j.jenvp.2006.12.002
Cialdini, R. B., Reno, R. R., & Kallgren, C. A. (1990). A focus theory of normative conduct: Recycling the concept of norms to reduce littering in public places. Journal of Personality and Social Psychology, 58(6), 1015–1026. https://doi.org/10.1037/0022-3514.58.6.1015
Comisión Europea. (2019). Special Eurobarometer 490: Climate Change. Dirección General de Acción por el Clima. https://climate.ec.europa.eu/system/files/2019-09/report_2019_en.pdf
Festinger, L. (1957). A theory of cognitive dissonance. Row, Peterson and Company. https://www.researchgate.net/publication/291356571_Cognitive_Dissonance_Theory_Festinger
Franzen, A., & Vogl, D. (2013). Two decades of measuring environmental attitudes: A comparative analysis of 33 countries. Global Environmental Change, 23(5), 1001–1008. https://doi.org/10.1016/j.gloenvcha.2013.03.009
Gifford, R. (2011). The Dragons of Inaction: Psychological Barriers that Limit Climate Change Mitigation and Adaptation. American Psychologist, 66(4), 290–302. https://doi.org/10.1037/a0023566
Kim, Y., Njite, D., & Hancer, M. (2013). Anticipated emotion in consumers' intentions to select eco-friendly restaurants. International Journal of Hospitality Management, 34, 255–262. https://doi.org/10.1016/j.ijhm.2013.04.004
López-Mosquera, N., & Sánchez, M. (2012). Theory of planned behavior and the value-belief-norm theory explaining willingness to pay for a suburban park. Journal of Environmental Management, 113, 251–262. https://doi.org/10.1016/j.jenvman.2012.08.029
Lorenzoni, I., Nicholson-Cole, S., & Whitmarsh, L. (2007). Barriers perceived to engaging with climate change among the UK public. Global Environmental Change, 17(3–4), 445–459. https://doi.org/10.1016/j.gloenvcha.2007.01.004
Stern, P. C. (2000). Toward a coherent theory of environmentally significant behavior. Journal of Social Issues, 56(3), 407–424. https://doi.org/10.1111/0022-4537.00175
Thøgersen, J. (2004). A cognitive dissonance interpretation of consistencies and inconsistencies in environmentally responsible behavior. Journal of Environmental Psychology, 24(1), 93–103. https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0272494403000392

















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